Le droit du numérique haïtien est une branche du droit
en pleine évolution. Les dispositions de cette branche du droit sont
éparpillées dans plus d’une quarantaine de textes législatifs et
réglementaires. Elles portent notamment sur la protection des données
personnelles, l’administration publique électronique, la cybersécurité, les
technologies financières (FinTech), la cybercriminalité et la propriété
intellectuelle. En dépit de la nécessité de renforcer ce corpus normatif afin
de répondre aux nouveaux défis du numérique, il est possible de mobiliser le
droit du numérique haïtien pour répondre à certains problèmes auxquels les
sujets de droit sont confrontés dans la pratique.
Les dix cas suivants visent à illustrer la
mobilisation du droit du numérique haïtien dans la pratique.
1er cas : Protection d’un projet
informatique
Un jeune développeur, fraîchement diplômé de l’École
Supérieure d'Informatique d'Haïti, a une idée brillante pour le développement
d’une application capable de relier les différents services financiers
nationaux aux grandes plateformes numériques mondiales. Il souhaite présenter
son projet à des investisseurs potentiels, mais il craint que son idée soit
reproduite à son insu après cette présentation. Il vient vous consulter.
Conseillez-le.
2e cas : Signature électronique
dans l’administration publique
Un directeur général d’un organisme autonome possède
une résidence au Canada. Il est obligé de se rendre régulièrement à l’étranger
afin de ne pas perdre son statut de résident permanent. Il signe donc les
documents administratifs à distance et envoie les documents numérisés par
courrier électronique. Le ministre de tutelle s’oppose à cette pratique et
souhaite l’interdire. L’administration vous consulte afin de connaître le
fondement juridique d’une telle décision.
3e cas : Publicité mensongère sur
Facebook
Une personne domiciliée à Hinche a acheté un matelas
grâce à une annonce publiée sur Facebook par une entreprise haïtienne. Lors de
la livraison, elle constate que les dimensions du matelas ne correspondent pas
à la description du produit en ligne. Elle réclame un remboursement, mais
l’entreprise refuse, au motif que le client ne pourrait pas l’assigner en
justice pour un produit acheté en ligne. La victime souhaite intenter une
action en justice. Décrivez brièvement les dispositions applicables en la matière.
4e cas : Start-up technologique de
la finance
Un ancien employé d’une banque décide de lancer un
nouveau service financier par voie électronique. Il consulte votre cabinet afin
de l’aider à enregistrer son service. Quelles sont les démarches nécessaires
pour obtenir son enregistrement ?
5e cas : Application comptable
frauduleuse
Une firme de vente de logiciels comptables a engagé un
développeur brillant afin de concevoir une application capable de dissimuler
les opérations comptables de ses clients. Lors du contrôle annuel de
l’administration fiscale, la fraude est détectée.
Le développeur, ayant appris qu’une poursuite
judiciaire a été engagée contre la firme, souhaite connaître son degré
d’implication dans l’affaire au regard du droit haïtien. Conseillez-le.
6e cas : Acte de l’état civil par
voie électronique
Une mère a accouché à l’Hôpital Universitaire de
Mirebalais et souhaite déclarer la naissance de son nouveau-né. Elle critique
l’administration en raison de son incapacité à recevoir cette déclaration par
voie électronique. Elle soutient que la loi haïtienne permet l’établissement
d’un tel acte par voie électronique. Vous étiez présent au moment de ces
échanges et l’on vous demande votre avis.
7e cas : Accès aux produits
numériques
Une étudiante en comptabilité vient d’acquérir un
logiciel comptable. Après avoir versé les frais requis, l’entreprise ne lui a
pas envoyé les clés d’activation du programme. Elle se trouve dans une
situation difficile et souhaite connaître les recours dont elle dispose.
Compte tenu de votre expertise en droit du numérique
haïtien, elle vous consulte.
8e cas : Tipping off et
confidentialité professionnelle
Un ancien responsable de l’administration publique
fait l’objet d’une enquête de l’Unité Centrale de Renseignements Financiers
pour des soupçons de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme.
Il a souscrit au service Go Paperless d’une banque commerciale et a confié ses
documents financiers à son avocat, sachant que celui-ci est tenu au strict
secret professionnel.
Au cours de l’enquête, un employé de cette banque, qui
connaît personnellement le suspect, l’avertit de l’existence de l’enquête par
l’intermédiaire de WhatsApp. Le suspect informe ensuite son avocat.
Lorsque les enquêteurs de l’UCREF demandent des
informations à l’avocat, celui-ci, ayant chiffré les données de son client,
refuse de communiquer les clés de déchiffrement en invoquant le secret
professionnel.
Vous êtes conseiller juridique à l’UCREF et l’on vous
demande de préparer un mémorandum à l’intention du directeur général.
9e cas : Responsabilité des
fonctionnaires haïtiens à l’ère du numérique
Un fonctionnaire travaillant au sein de la commission
ministérielle des marchés publics a transmis à l’un de ses amis un document
confidentiel relatif à un marché public en cours.
Son supérieur hiérarchique le blâme, mais l’intéressé
soutient que le droit haïtien ne permet pas de sanctionner les infractions
administratives commises par voie électronique.
Vous êtes convoqué pour une consultation rapide.
Analysez ce cas au regard du droit haïtien.
10e cas : Admission des preuves
électroniques
Le commissaire du gouvernement près le tribunal de
première instance de Jacmel a recueilli des photographies et des vidéos
relatives à une affaire de viol sur mineur.
La partie défenderesse soutient que les preuves
électroniques ne sont pas admissibles devant le tribunal criminel.
Vous êtes invité à commenter cette affaire en qualité
de spécialiste du droit du numérique haïtien.
Conclusion
Les cas précédents, inspirés de faits réels, mettent
en lumière quelques-unes des questions auxquelles le droit du numérique haïtien
doit répondre.
En dépit des réserves exprimées par certains, il est
tout à fait possible d’apporter des réponses juridiques fondées sur le droit
haïtien en vigueur.
Les solutions à ces différentes problématiques sont
exposées dans l’ouvrage Législation haïtienne applicable aux technologies de
l’information et de la communication.
Vous pouvez acquérir cet ouvrage afin d’y trouver les
réponses légales à ces cas pratiques et d’approfondir votre compréhension de
cette branche du droit.

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